En première approche, on peut dégager une série de quatre enseignements :

Les préoccupations socio-économiques. Cette enquête met clairement en évidence dans la hiérarchie des préoccupations des Français la place centrale occupée par les thématiques économiques et sociales, au premier rang l’emploi mais également les inégalités et le pouvoir d’achat. L’enjeu sécuritaire si présent dans la dernière pré campagne présidentielle apparaît plus en retrait. En lien avec ce contexte de crispation sur les thématiques économiques et sociales, la majorité des Français interrogés considère vivre difficilement avec les revenus de leur foyer.

Un pessimisme marqué. Venant confirmer des données issues de récents baromètres de l’Ifop, le sentiment de pessimisme structure fortement les attitudes et les opinions. Se fait jour à la fois un pessimisme ressenti personnellement pour ce qui concerne l’évolution de la situation économique de la France et un pessimisme de « projection » par rapport à la jeunesse. Plus des trois quarts des personnes interrogées considèrent en effet que les jeunes générations auront moins de chances que leurs parents dans la société française de demain.

Au coeur de ce pessimisme, réside deux dimensions :

  • La perception désormais bien enracinée dans l’opinion que la France est en déclin, notamment pour ce qui concerne les secteurs les plus proches des préoccupations quotidiennes des personnes interrogées : pouvoir d’achat, école et université ainsi que le système de santé. Seules la recherche et l’innovation d’une part, le rayonnement culturel d’autre part échappent à cette morosité
  • Une vision difficile de la mondialisation. Celle-ci est appréhendée par une majorité relative de Français sous l’angle d’une menace pour l’hexagone. En outre, la gestion escomptée du phénomène de la mondialisation révèle une opinion divisée entre l’attente d’une ouverture sur le monde et la demande de protection.

Une défiance à l’égard du politique et de l’action gouvernementale. Signe spectaculaire de la perte de repères des Français interrogés, une très forte majorité d’entre eux déclare ne faire confiance ni à la gauche, ni à la droite pour gouverner le pays. La part des interviewés parvenant à distinguer positivement l’un des deux pôles du champ politique est strictement équivalente entre gauche et droite (15%). Découlant de ce désenchantement et amplifiées par le contexte des mobilisations anti-CPE, les perceptions associées à l’action gouvernementale s’avèrent majoritairement négatives et marquées par un net clivage gauche droite.

Une avance sérieuse prise par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. A un an du prochain scrutin présidentiel, ces derniers bénéficient en terme de potentiel électoral d’une avance sérieuse sur les autres candidats ou prétendants à l’investiture de leur formation politique. Nicolas Sarkozy devance nettement Dominique de Villepin, Ségolène Royal les autres candidats socialistes. Au-delà de leur très forte capacité à rassembler leur camp, ces deux personnalités se distinguent par l’attribution de qualités jugées essentielles dans la perspective de 2007 : la stature présidentielle, la capacité à comprendre les problèmes des citoyens et à changer. La prochaine vague se tiendra à la rentrée de septembre, espérons que le moral du pays s'améliore.

L'analyse des résultats par région montre des différences sensibles, en particulier pour la Région Centre qui exacerbe un pessimisme supérieur à la moyenne nationale. Les problèmes qui préoccupent plus les habitants de la Région que le reste de la métropole sont l’emploi, la sécurité et l’immigration. Il existe aussi un décalage en ce qui concerne le niveau de revenu, la perception de l'évolution de la situation économique ou la confiance dans la gauche et la droite. Le déclin de la France comme les craintes vis à vis de la mondialisation vont bien au delà de la moyenne. Notre région, trop déprimée, doit se ressaisir pour rejoindre au plus vite la place qu'elle n'aurait jamais du perdre.

Un état d’esprit morose auquel vont devoir s’attaquer les politiques pour les élections 2007-2008.

Baromètre politique Français: synthèse des résultats de la première vague


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