Orléans prend une série d’arrêtés
Par Pierre Chauveau, jeudi 29 juin 2006 à 20:07 :: Insécurité et délinquance :: #57 :: rss
La ville d'Orléans dirigée par le maire UMP Serge Grouard a pris lundi un arrêté "anti-rodéo" qui interdit la circulation de véhicules à moteur non homologués de type "pocket bike" ou "pocket quad".
"Ce sont des jouets accessibles financièrement (à partir de 150 euros) mais très dangereux, avec moteur à essence, qui peuvent aller jusqu'à 90km/h quand ils sont débridés. Lorsque que la police interviendra, elle additionnera l’intégralité des infractions commises, véhicule non homologué, absence de port de casque, défaut de plaque d’immatriculation, de rétroviseurs, d’assurance, notamment. L’amende pourra aller jusqu'à 750 euros", a souligné à l'Associated Press Florent Montillot, adjoint au maire, chargé de la sécurité.
Le maire a également reconduit trois arrêtés. Celui du couvre-feu pour les mineurs pendant la période estivale pris pour la première fois en juin 2001 interdisant la circulation des mineurs de moins de 13 ans non accompagnés entre 23h00 et 6h00 du matin dans tous les secteurs sensibles de la ville (du 15 juin au 29 octobre).
L’arrêté "anti-bivouac" qui interdit "toutes occupations abusives et prolongées des rues et autres dépendances domaniales" sera réactivé du 26 juin au 29 octobre. Le but de cette disposition, consiste à éviter les rassemblements de personnes agressives, avec des chiens, qui troublent la tranquillité publique. La police les fait circuler et les envoie dans des centres d'accueil, mais souvent, les SDF refusent et disent aux policiers qu'ils n'ont pas le droit de les faire bouger. Avec cet arrêté, les policiers disposent d’une sorte de couverture juridique.
L’absurdité de cet arrêté, Alain Juppé l’avait compris lorsqu’il affirmait dans le Monde du 19 juillet 1995 : « c’est facile de prendre un arrêté municipal en disant : "il n’y a plus de mendiants, plus de pauvres". C’est se donner bonne conscience à peu de prix, car les mendiants sont toujours là ». En revanche, en 2002 il avait adopté un arrêté qui interdisait "tout rassemblement d'individus pouvant troubler la tranquillité publique" à Bordeaux. Le tribunal administratif avait annulé l'arrêté municipal "anti-bivouac" adopté début 2002 par le maire Alain Juppé pour interdire "tout rassemblement d'individus pouvant troubler la tranquillité publique", estimant que le texte portait atteinte aux libertés individuelles. Le tribunal avait estimé "qu'il ne ressortait pas des pièces du dossier que les risques de troubles au bon ordre, à la sûreté et à la sécurité étaient de nature à justifier par leur gravité la prescription de cette mesure".
L’arrêté "anti-pétards" sera en vigueur jusqu'au 3 septembre (sauf le 14 juillet) et entre le 16 et le 31 décembre.
En matière de sécurité et de délinquance la politique spectacle ne délivre pas de résultats durables. Les statistiques du ministère de l'intérieur et de la Préfecture ne font que confirmer la problèmatique. L'approche des élections ne devrait pas stigmatiser les haines en lançant des "actions coup de point" tout azimuth. Seules l'amélioration de la prévention et de la répression graduée pourra améliorer durablement la situation.
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