Contrairement à ce qui est annoncé un peu partout, le simulateur ne tient pas en compte du profil (âge, revenu, etc.) d’un ménage mais seulement de la structure de sa consommation, répartie en quatorze mesures : Tabac, Loyer, Electricité, Gaz, Fioul, Santé, Automobile, Carburant, Transports, Biens durables de loisir, Restaurants & Cafés, Alimentation, Habillement, Autre. Pour calculer son indice, il suffit d’indiquer la part de budget consacré à chacune. Au fur à mesure, on voit, en transparence, la courbe de son propre indice évoluer et se positionner par rapport à celle de l’indice « moyen ». Si l’outil est intéressant, on peut regretter de ne pas pouvoir enregistrer les données entrées. Et surtout le nombre limité de pondérations de l’indice. La catégorie « Autre » joue du coup le rôle de fourre-tout où on retrouve aussi bien la scolarité et les biens non-durables de loisir.

En réponse aux critiques, l’Insee a également mis en ligne un indice des prix par catégorie de ménages. Il ne permet pas de saisir son propre profil mais simplement de visualiser, pour la période 1996-2006, les indices de prix selon huit critères : âge, locataire/propriétaire de son logement, revenu, niveau de vie, catégorie socioprofessionnelle, composition du ménage, taille de la commune de résidence et région d’habitation. Ce qui permet une approche plus fine, par exemple de faire ressortir qu’une forte augmentation du prix des produits pétroliers touche plus les ménages ruraux dont la consommation de carburant et de fuel est très supérieure à la moyenne.

L’indice Insee, est remis en cause par des associations de consommateurs et par les deux principaux candidats à la présidentielle. Nicolas Sarkozy avait estimé fin novembre que l'indice des prix devrait être changé, car il ne reflète "pas la réalité de la hausse des prix au quotidien", tandis que Ségolène Royal a proposé dans son "Pacte présidentiel" la création de plusieurs indices des prix différents, selon les revenus (minima sociaux, SMIC, retraites).

Tout en soulignant que son indice des prix à la consommation "reste tout à fait valide" et demeure la seule référence officielle, l'Insee espère que cet instrument "pédagogique" permettra "d'éclairer le débat", relancé par les candidats à la présidentielle.

En revanche, cet indice personnalisé n’inclut toujours pas un certain nombre de postes sensibles de dépenses contraintes, dont les Français ont l’impression qu’ils pèsent de plus en plus lourd dans leur budget (téléphonie mobile, Internet, services bancaires notamment), l’Insee promet de publier en juin une étude sur l’écart entre les dépenses incompressibles des ménages et leur perception de leur pouvoir d’achat.
Une manière comme une autre de montrer que l'indice officiel reste le plus pertinent.


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