Les Français dénoncent la corruption des élites, le degré de confiance envers le personnel et les institutions politiques est faible: 60% des enquêtés estiment que les élus et les dirigeants politiques sont plutôt corrompus. Un tiers considèrent que le niveau de corruption est plus élevé qu'avant. 77,9% pensent qu'il y a «beaucoup ou assez» de corruption dans le gouvernement, 69,1% à la présidence de la République et 68% chez les députés. C'est la conclusion édifiante d'une enquête du Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

Ce sont les personnes issues des milieux les plus défavorisés qui dénoncent le plus la corruption et affichent leur défiance dans les cadres politiques et institutionnels. En revanche, ce sont les mêmes qui ne trouvent pas que «se faire un peu d'argent au black» constitue une atteinte aux règles de la probité sociale. «La corruption est un des éléments parmi d'autres de la mauvaise image des politiques»

La confiance, vertu et mécanisme fondamental de la démocratie représentative, est devenue rare. Mais la perception de la malhonnêteté supposée des politiques ne conditionnera pas forcément les choix des électeurs en 2007 et en 2008. En revanche, la France est loin derrière les autres pays d'Europe concernant la corruption ce qui constitue un frein au développement économique et donc à l'emploi. Le pragmatisme nous recommanderait de faire le ménage au nom de la morale mais aussi de notre compétivité.

Mais Bruno Jeanbart, d'OpinionWay, pense que même si Chirac a été impopulaire, l'opinion publique française ne voudrait pas le voir poursuivi. « Celui qui gagnera la présidentielle ne touchera pas un ancien président, l'opinion publique n'accepterait jamais cela. Les électeurs français peuvent détester un président mais ne voudraient pas voir son honneur traîné dans la boue. » En effet, aucun des successeurs potentiels de Chirac n'a exprimé sa volonté de le voir poursuivi.

Ségolène Royal, sur France 2 jeudi soir, s’avoue « surprise que cette information sorte en pleine campagne présidentielle » !

Dominique Strauss-Kahn, interrogé sur LCI, ne « pense pas que la France sorte grandie en allant chercher des ennuis à un président qui n'est plus au pouvoir ».

Cette enquête réalisée par la journaliste allemande Katrin Bennhold, correspondante à Paris pour le quotidien américain International Herald Tribune, aurait-elle pu être accomplie par la presse française ?

A un moment de crise sans précédent et de défi pour les journalistes et les politiques un journalisme de qualité est vital pour protéger et promouvoir des valeurs de la démocratie.

Il ne s'agit pas de jeter l'opprobre sur les journalistes politiques et les médias, mais au contraire de leur demander de retrouver la noblesse de leur rôle, qui est de mettre en perspective, de fournir des d'analyses, d'apporter un regard critique, d'être les acteurs de la démocratie moderne et non les zélés sectateurs de l'effet de sensation. La République n'est pas la Star'Ac !

L’Express : L'hypothèse d'une audition judiciaire de Jacques Chirac resurgit


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