Délit d’initié, EADS dans le collimateur
Par Pierre Chauveau, mercredi 30 mai 2007 à 00:51 :: Débats d'actualité :: #529 :: rss
La Tribune, du 29 mai, révèle les détails sur les six mois qui ont vu vaciller EADS. Alors qu'Arnaud Lagardère, principal actionnaire privé français, était entendu, pendant neuf heures, par les enquêteurs de l'autorité des marchés financiers.
Que savaient exactement les dirigeants d'EADS sur les difficultés de l'A380 ?
Dans son édition de mardi, La Tribune consacre un important dossier sur le sujet après avoir obtenu des révélations sur l’enchainement des événements qui ont abouti à l'annonce officielle du retard du gros porteur.
Selon le journal économique, c'est le 6 mars 2006 que le plan de production du gros porteur a été révisé à la baisse. Le lendemain, 7 mars, un conseil d'administration se tient chez EADS. Au cours de cette réunion, tous les sujets sont évoqués... sauf celui de l'A380.
"Officiellement, le sujet de l'A380 n'est pas abordé" lors de cette réunion, mais le directeur technique d'Airbus Alain Garcia aurait rapporté lors d'une conversation téléphonique que la rencontre avait porté sur les retards "conséquents" du programme et sur les "graves problèmes industriels d'Airbus", affirme La Tribune.
Selon le quotidien, Alain Garcia aurait tenu ces propos à Galli Douani, un "dirigeant au passé sulfureux", "en conflit avec EADS", qui a enregistré la conversation.
Or ce jour-là, les dirigeants sont autorisés à vendre leurs stock-options !
"Plus de 800 personnes ont effectué des ventes qui suscitent des interrogations" sont sur la sellette de l'Autorité des marchés financiers, le gendarme de la Bourse française, indiquait déjà Le Monde en décembre 2006. "In fine, les éventuelles poursuites finales ne devraient concerner que quelques dizaines de cas", soulignait toutefois le quotidien, sans préciser ses sources. On peut pensé notamment à Noël Forgeard, à l'époque co-président exécutif d'EADS : dont La Tribune écrit qu'il fait signer le 7 mars au soir par le directeur financier du groupe l'autorisation de vendre ses 54.000 stocks-options, ce qu'il fera le 15 mars en même temps que les 108.000 actions EADS qu'il possède. Bénéfice : 2 millions et demi d'euros. Ses enfants de leur côté feront 1 millions d'euros de bénéfice à l'issue de la même opération.
Le 20 mars, Lagardère et Daimler-Chrysler, les deux actionnaires privés principaux du groupe, décident de céder leur participation. Une annonce qui surprend tout le monde, y compris à l'intérieur du groupe.
Parallèlement à la crise qui secoue le groupe, une enquête judiciaire se met en place. D'abord par le juge Courroye, puis aujourd'hui confiée à Xavière Simeoni. Mardi, c'est au tour d'Arnaud Lagardère, principal actionnaire privé français, d'être entendu par les enquêteurs de l'Autorité des Marchés Financiers. Quant à la Bafin, l'autorité boursière allemande, elle devrait transmettre dans les prochains jours le dossier au parquet pour l'ouverture d'une enquête officielle pour délit d'initié.
En France, le délit d’initié est passible de deux ans d'emprisonnement et 1.500.000€ d'amende, mais il demeure «particulièrement délicat à prouver». Cependant, Jacques Tordjman, le PDG de GFI Informatique, vient de se voir infliger une amende de 400.000 € par l'Autorité des marchés financiers pour deux délits d'initié commis en 2004 et 2005.
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Commentaires
1. Le dimanche 3 juin 2007 à 08:20, par BCT
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