Droite comme gauche semblent désormais parvenir au même diagnostic : c'est d'abord d'un manque criant de moyens dont souffre le monde universitaire, quand les grandes écoles concentrent l'essentiel des ressources. Pour remédier à la misère des unes sans nuire à l'aisance des autres, sans doute faut-il ouvrir davantage les universités aux mutations de la société et du monde économique. Il n'y a rien de scandaleux au fait d’accorder aux établissements une certaine autonomie pour nouer des partenariats, trouver des financements, recruter des enseignants, et les traiter avec respect pour leur éviter toute velléité de l’abandonner.

Mais ces moyens ne peuvent être justifiés que par une seule fin : l'obtention par le plus grand nombre de diplômes reconnus et utiles pour se frayer un chemin dans la vie professionnelle.

Le risque demeure que les projets du gouvernement ne recueillent pas le fort consensus nécessaire à la relance de l’enseignement supérieur. François Fillon, qui fut ministre de l'Enseignement supérieur entre 1993 et 1995 au moment du CIP, est bien placé pour évaluer le capital explosif de toute réforme qui touche de près ou de plus loin à la jeunesse. Seul, François Bayrou a été épargné, il aurait même, selon certains experts, amorcé «un rapprochement» entre la droite et le monde universitaire, dont il aurait profité le 22 avril...

Nicolas Sarkozy «veux que nos universités puissent se battre avec les même armes que leurs concurrentes étrangères.» Pour l'Université, il a promis un milliard par an jusqu'à 2012. En revanche, "commencer par une loi qui touche aux structures avant d'avoir débattu de l'ensemble des missions de l'enseignement supérieur, c'est un peu faire les choses à l'envers", affirme, Julie Coudry, porte-parole de la Confédération étudiante (Cé, proche de la CFDT).


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